Shinto
Principes
(8)Shintoïsme (Kojiki + Nihongi) — Principes fondamentaux (core-principle)
Ensemble minimal de valeurs synthétisé à partir de la distillation de l'Âge des Dieux en cinq segments (Préface du Kojiki + Sections I–XVIII ; 15 principes de segments), cross-attesté avec le Nihongi (Aston, 1896). Source principale : Chamberlain, Kojiki (1882). Méthode : le guide méthodologique. Il s'agit d'une lecture structurée, non faisant autorité (aucun relecteur interne à la tradition n'a été sollicité). Chaque principe comporte une note intertraditionnelle — l'affirmation qui peut converger et la justification (le fondement) qui peut diverger — pour alimenter l'Atlas intertraditionnel.
À lire en premier — la limite non doctrinale (rappel)
Le shintoïsme (神道, « la voie des kami ») n'a pas de fondateur, pas de credo, pas de code éthique systématique. Ses « écritures » classiques sont des mytho-histoires impériales — elles racontent une histoire et présupposent une pratique ; elles ne posent pas d'affirmations doctrinales. C'est pourquoi cet ensemble de principes est, par conception, plus mince et plus inféré que celui des autres traditions :
- Ce sont des valeurs mises en acte ou présupposées, tirées de ce que les mythes font et des rites qu'ils décrivent — non une doctrine affirmée. (Quand Izanagi qualifie la terre des morts de « polluée » et se lave, le texte n'enseigne pas « la pollution est un mal » ; il met en acte la valeur. Nous extrayons la valeur mise en acte et l'étiquetons comme telle.)
- Là où les autres traditions livrent 10 à 15 principes, le shintoïsme en livre honnêtement 8. Moins est ici le résultat correct, non un défaut de couverture. L'absence de doctrine est elle-même enregistrée comme donnée (voir structural analysis).
- Nous ne lisons pas une éthique systématique tardive (Motoori, Hirata, syncrétisme confucéo-bouddhique, shintoïsme d'État) à rebours dans les mythes du VIIIᵉ siècle. De telles lectures sont signalées
LATER-READINGet ne sont jamais comptées comme internes au texte. - Imposer toute structure principielle propositionnelle à une tradition centrée sur la pratique est déjà un geste d'extérieur. Cela est assumé ici explicitement. Ne surinterprétez pas le mythe en y lisant une éthique systématique.
Trois phases historiques que le lecteur doit démêler (cadrage anti-fabrication)
Tout lecteur occidental qui a rencontré le « Shintō » via les histoires du Japon de la Seconde Guerre mondiale, les manuels populaires de religion comparée ou les guides touristiques modernes de sanctuaires porte un bagage que le corpus Kojiki/Nihongi du VIIIᵉ siècle ne peut supporter. Trois phases historiques distinctes doivent être tenues à l'écart les unes des autres et du substrat narratif classique que cette distillation extrait :
- Le shinbutsu-shūgō 神仏習合 pré-Meiji (grosso modo de Nara à Edo, environ 1 000 ans) — Shintō et bouddhisme étaient institutionnellement fusionnés ; la doctrine honji suijaku 本地垂迹 (les kami comme traces locales des bouddhas) était la grille interprétative dominante (Kuroda, « Shinto in the History of Japanese Religion », JJS 7:1, 1981 ; Breen & Teeuwen, A New History of Shinto, Wiley-Blackwell, 2010).
- Shintoïsme d'État (1868–1945) — le shinbutsu-bunri 神仏分離 de l'ère Meiji séparant le Shintō du bouddhisme, le système Jingikan / Ise, la mobilisation nationaliste, l'idéologie de la descendance impériale — largement démantelé par la Directive Shinto du SCAP du 15 décembre 1945 (Hardacre, Shinto: A History, OUP, 2017, ch. 9–13).
- Shintō de sanctuaire d'après-guerre + Shintō sectaire (Kyōha, 1945–présent) — la fédération Jinja Honchō (Association des sanctuaires Shintō) ; les 13 courants Shintō Kyōha (sectaires) (Tenrikyō, Konkōkyō, Kurozumikyō, etc.) que la période du shintoïsme d'État avait administrativement distingués du culte de sanctuaire « non religieux » (Hardacre 2017, ch. 11).
Le corpus de l'Âge des Dieux du VIIIᵉ siècle précède les trois. Cette distillation n'est ni la pratique fusionnée au bouddhisme de Nara à Edo, ni le culte impérial de l'État Meiji, ni la fédération de sanctuaires d'après-guerre — elle est le substrat narratif classique dont les trois ont tiré. Relire l'une quelconque de ces couches tardives dans le Kojiki et le Nihongi est précisément l'erreur méthodologique que Kuroda 1981 a désignée comme constitutive de la construction moderne du « shintoïsme ».
Pourquoi 8
8 principes ont émergé du regroupement des 15 principes de segments par intention. Le centre de gravité est la pratique et la présence, non la croyance : les fils les plus denses sont la présence des kami dans la nature (P1), la pureté/misogi (P3), et le rituel communautaire/matsuri (P6). Aucun principe ici ne fonctionne comme un credo ; même P7 (sincérité/makoto) est ce qui se rapproche le plus d'une « vertu cardinale », et elle est plus inférée qu'énoncée.
Les 8 principes
P1 — Les kami imprègnent le monde naturel comme présences spécifiques, nommées, localisées ; la nature est présence sacrée
Mer, vent, montagnes, rivières, arbres, landes, le soleil, les îles mêmes de la terre — chacun naît comme un kami et porte un nom honorifique. Vivre parmi la nature, c'est vivre parmi des présences sacrées. La révérence envers le monde naturel est donc fondamentale, non dérivée. Crucialité : les kami sont des présences spécifiques, nommées, souvent anthropomorphes, localisées — Amaterasu, Susano-o, Ōkuninushi sont des kami, tout comme la Divinité-de-la-Montagne et la Divinité-de-la-Rivière. Le cosmos n'est pas un esprit-nature indifférencié, pas une « divinité de la nature » panthéiste, et pas l'animisme néo-païen occidental — c'est un panthéon peuplé de présences, chacune mise en acte en son lieu (Hardacre, Shinto: A History, OUP, 2017, ch. 1 ; Breen & Teeuwen 2010, ch. 1). La révérence-envers-la-nature est donc une pratique (révérer ces présences, ici), non l'affirmation-croyance que « la nature est divine ».
- Couvre : S2-P1, Pf-P1 (en partie) · Preuves : Kojiki V–VI ; cross-attesté Nihongi I
- Intraduisibles : kami — présence/puissance sacrée dans la nature, les ancêtres et les choses inspirant l'émerveillement ; non « dieu » au sens monothéiste, non un panthéon systématique, non un esprit-nature indifférencié, non l'animisme néo-païen occidental — des présences spécifiques, nommées, localisées (Chamberlain aplatit kami en « Divinité », ce qui perd le registre de la présence spécifique).
- Note intertraditionnelle : candidat fort à la convergence au niveau de l'affirmation (révérence/soin envers le monde naturel). La justification diverge nettement : la nature est révérée non comme la création d'un Dieu transcendant mais comme elle-même kami — et pas non plus comme un esprit-nature moniste, mais comme une pluralité de présences spécifiques. L'affirmation (la nature est sacrée et doit être révérée) converge ; la justification (la nature est un champ peuplé de kami spécifiques, ni créé par un Dieu transcendant ni réductible à une divinité-de-la-nature indifférenciée) diverge à la fois des traditions de la création ex nihilo et des cadrages occidentaux de spiritualité de la nature.
P2 — Le cosmos est né, non fait (musubi) ; la vie est infiniment générative
La réalité est un devenir auto-générateur : les premiers kami « naissent », la vie « germe comme une pousse de roseau », et les deux divinités créatrices primordiales portent le nom de musubi — le pouvoir produisant/liant. La générativité persiste même à travers la mort et la décomposition : des kami naissent d'Izanami mourante, des plantes alimentaires surgissent du corps d'un kami tué, et pour chaque millier qui meurt, mille cinq cents naissent.
- Couvre : S1-P1, S2-P3, S3-P3, Pf-P1 · Preuves : Kojiki I, VII, IX ; cross-attesté Nihongi I
- Intraduisibles : musubi — le pouvoir génératif, liant, produisant la vie, présent dans les noms mêmes des premiers kami créateurs (Taka-mi-musubi, Kami-musubi).
- Note intertraditionnelle : La divergence la plus nette du shintoïsme — son cas de grade anattā. Un cosmos né, non créé, sans créateur contredit directement la création ex nihilo abrahamique. L'affirmation (révérence pour les origines et la générativité de la vie ; la vie affirmée sur la mort) converge vaguement ; la justification (un cosmos génératif, sans créateur, dans lequel les kami surgissent au sein de la nature) diverge fondamentalement.
P3 — La pureté compte ; la pollution (kegare) doit être nettoyée, non punie
Le contact avec la mort et la décomposition produit kegare — une pollution obscurcissante, alourdissante. La réponse est la purification (misogi/harae), caractéristiquement par l'eau : Izanagi, revenant de la terre des morts, plonge dans le cours d'eau et se lave. Crucialement, kegare est un état à laver, non un péché moral encourant une culpabilité devant un Dieu qui juge.
- Couvre : S3-P1, Pf-P2 · Preuves : Kojiki IX–X ; doublement cross-attesté Nihongi I
- Intraduisibles : kegare (pollution/souillure, lit. « flétrissure », esp. de mort/décomposition) ; tsumi (offense/tache à enlever, plus proche de « blocage » que de « péché ») ; harae/misogi (rite de purification / ablution d'eau — l'acte central du shintoïsme).
- Note intertraditionnelle : Joyau WEAK-distinctif. L'affirmation (« la propreté/fraîcheur compte et peut être rituellement restaurée ») fait vaguement écho aux codes de pureté ailleurs (le tahor/tamei lévitique, le wudu islamique) ; la justification diverge nettement — un cas de même-mot/référent-différent. Kegare est un état existentiel-rituel centré sur la mort/décomposition, supprimable par l'eau, non une culpabilité morale ; il n'y a pas de doctrine du péché-comme-désobéissance. Pureté ≠ pureté morale ; pollution ≠ péché.
P4 — La purification est générative — du nettoyage viennent la lumière et la vie
La purification n'est pas simplement un retrait négatif. Du misogi d'Izanagi naissent les plus grands kami, y compris la Déesse-Soleil Amaterasu. Le nettoyage renouvelle et produit ; pureté et clarté sont elles-mêmes sources de vie et d'ordre.
- Couvre : S3-P2 · Preuves : Kojiki X–XI ; cross-attesté Nihongi I
- Intraduisibles : misogi (purification par l'eau) ; Takama-no-hara (la Plaine du Haut Ciel, le domaine qu'Amaterasu est chargée de gouverner).
- Note intertraditionnelle : étroitement lié à P3 — gardé séparé parce que la face positive/générative de la pureté (le nettoyage produit la lumière, pas seulement l'absence de tache) est une emphase distinctive du shintoïsme. L'affirmation (renouvellement/fraîcheur comme donneurs de vie) converge vaguement ; la justification (la pureté comme cosmogoniquement productive) est spécifique au cadre. Note : plus inféré qu'affirmé — le texte le met en acte dans la naissance-du-lavage, ne l'énonce jamais comme doctrine.
P5 — Révérence pour les origines, l'ascendance et la lignée ; parenté avec les kami
La création est « les ancêtres de toutes choses » ; humains, nature et kami partagent une descendance générative. Les mythes sont encadrés (dans la Préface de Yasumaro) comme la transmission de véritables affaires anciennes à travers les générations, et les grands kami se voient chacun confier un domaine propre à transmettre.
- Couvre : Pf-P1, S3-P4 (en partie), S1-P2 (descendance/charge) · Preuves : Préface du Kojiki, I, X–XI ; cross-attesté Nihongi I
- Intraduisibles : kami (ici comme présence ancestrale honorée) ; musubi (la descendance liante).
- Note intertraditionnelle : Plus inféré que les autres — signalé. Les textes classiques affirment la descendance impériale (leur but politique), non une éthique générale « honore tes ancêtres » ; la large révérence ancestrale si centrale au shintoïsme vécu (le kamidana domestique, les rites ancestraux) est largement une valeur de
LATER-READING/ couche pratique, seulement vaguement fondée dans le récit du VIIIᵉ siècle. L'affirmation (révérence pour les ancêtres et les origines) converge très largement ; la justification textuelle-interne est ici mince et est honnêtement marquée comme telle.
P6 — L'harmonie et la lumière sont restaurées par le rituel communautaire joyeux (matsuri)
Quand la Déesse-Soleil se retire dans la Demeure-de-Roche et que le monde s'assombrit, les kami ne la contraignent pas à sortir — ils se rassemblent et accomplissent un rite : assemblée, divination, un miroir et des joyaux, un arbre sacré, des offrandes, une liturgie récitée (norito), et la danse et le rire d'Ame-no-Uzume qui ramènent la lumière. C'est le modèle du matsuri : communauté + rituel + joie festive restaure l'harmonie.
- Couvre : S4-P1, S2-P2, Pf-P2 (rituel) · Preuves : Kojiki XVI ; cross-attesté Nihongi I
- Intraduisibles : matsuri (festival/culte/service aux kami — le cœur vécu de la tradition) ; norito (liturgie récitée).
- Note intertraditionnelle : Structurellement central au shintoïsme et une donnée-clé pour l'Atlas. L'affirmation (le culte communautaire soutient la communauté) converge avec les traditions liturgiques ; la justification est distinctive — le rituel ici est efficace et relationnel envers les kami, et festif/joyeux, non principalement obéissance à une loi morale ou expiation du péché. L'emphase du shintoïsme est sur la pratique communautaire de célébration, non la doctrine ou la résolution de la culpabilité.
P7 — Sincérité et un cœur vrai, lumineux (makoto) ; la vérité sur le mensonge
Ce qui se rapproche le plus d'une vertu cardinale dans le shintoïsme : un cœur vrai, lumineux, non divisé (akaki kokoro). Le Kojiki existe pour « effacer le mensonge » et « déterminer la vérité », et le rituel juste réussit quand il est accompli sincèrement et dans l'ordre convenable. C'est la sincérité du cœur qui est demandée, non le credo.
- Couvre : Pf-P3, S2-P2 (observance sincère) · Preuves : Préface du Kojiki, IV–V ; (le Nihongi n'a pas de préface parallèle)
- Intraduisibles : makoto — sincérité / un cœur vrai, lumineux, non divisé.
- Note intertraditionnelle : Candidat fort à la convergence — l'affirmation (sincérité, véracité, intégrité du cœur) converge très largement (cf. les critiques prophétiques du rituel vide, le cheng confucéen). La justification diffère : makoto est une luminosité/pureté esthético-morale du cœur, en continuité avec la pureté de P3, non l'obéissance à une loi révélée. Note : le seul endroit où la tradition parle d' une valeur plutôt que de la mettre en acte — et même là, encadrée comme tenue de registres impériaux.
P8 — Ordonnancement juste des rôles ; les forts protègent les vulnérables ; la subsistance est don sacré
Refuser son rôle assigné apporte malheur et expulsion (le désordre de Susano-o) ; la même force, justement tournée, protège les faibles (tuer le serpent pour sauver la fille). La nourriture — les grains de base nés du corps d'un kami — est reçue comme don, fondant la gratitude et les fêtes de la moisson. L'aide est due à « tous les gens vivants… quand ils tombent dans des circonstances troublées ».
- Couvre : S4-P2, S4-P3, S3-P4, S1-P2 · Preuves : Kojiki III, IX, XII, XVII, XVIII ; cross-attesté Nihongi I
- Intraduisibles : kami (le donneur de subsistance) ; (matsuri — esp. la moisson/offrande de riz — comme forme vécue de gratitude).
- Note intertraditionnelle : large convergence au niveau de l'affirmation (tiens ton rôle ; protège les faibles ; gratitude pour la subsistance ; soulage les affligés). Justification : harmonie relationnelle et don-gratitude envers les kami et la communauté, non un code moral commandé. Un principe composite, de soutien — il rassemble les motifs relationnels/éthiques plus diffus que le récit porte par l'histoire plutôt que par la règle (le niveau
MOTIFde la méthodologie), et est le moins fermement lié des huit.
Résumé convergence/divergence (aperçu pour l'Atlas)
| Convergence intertraditionnelle probable (niveau affirmation) | Divergence probable (justification/fondement) |
|---|---|
| P1 révérence pour la nature · P7 sincérité/véracité · P6 le culte communautaire soutient la communauté · P8 protéger les faibles / gratitude pour la nourriture · P2 (vie sur mort) | P2 musubi (cosmos né, non créé, sans créateur) · P3 kegare (pollution ≠ péché ; enlevée par l'eau, non pardonnée) · P4 pureté comme cosmogoniquement générative · P6 rituel comme festif/relationnel non expiatoire |
Ce sont des hypothèses que l'Atlas doit éprouver par la méthode affirmation-vs-justification, non des conclusions arrêtées.
Qualité
- Couverture des sources : les 15 principes de segment répartis dans les 5 fichiers d'extraction par texte renvoient tous à ≥1 principe fondamental (le reste généalogique et annalistique du Kojiki et du Nihongi est hors périmètre par choix — il porte peu de principes).
- Traçabilité : chaque principe fondamental énumère les principes de segment couverts ainsi que les sections d'attestation.
- Compréhension autonome : chaque principe est formulé pour être intelligible à un lecteur extérieur, le fondement propre au cadre étant signalé séparément.
- Contrôle de sous-affirmation : chaque principe a été réexaminé pour éviter de lire une doctrine systématique là où il n'y a que du mythe. P4, P5 et P8 sont explicitement signalés comme plus inférés, plus minces, en partie
LATER-READINGque P1–P3 et P6–P7. - Note de périmètre : uniquement les mythes classiques de l'Âge des Dieux. La couche norito (liturgique), la couche des pratiques vécues de la maisonnée et du sanctuaire, ainsi que le shintō post-classique (médiéval, sectaire, d'État) sont reportés à une passe supplémentaire ; ils affineraient surtout P3, P5 et P6 — sans ajouter de doctrine nouvelle (la tradition n'en a pas à ajouter).
- Citations vérifiées par un audit mot à mot — 12/12 conformes après clôture des points
NEEDS_REVIEW(une correction shalt→shall au Kojiki §XII ; un parallèle misogi du Nihongi cité intégralement). - Complétude structurelle (2026-05-30) : RÉUSSIE (12/12 taxonomies canoniques couvertes au regard de la liste canonique des taxonomies thématiques ; le cadrage d'honnête minceur TIENT ; N=8 inchangé — 0 nouveau principe autonome, 0 manquant).
- Principes autonomes (0 nouveau) : les N=8 existants couvrent déjà les constituants de toute structure canonique interne aux textes — kami (P1), musubi (P2), kegare/misogi (P3/P4), le modèle assemblée+fête (P6), makoto (P7), les motifs éthiques relationnels (P8). L'audit de complétude structurelle (audit deep shinto) et son contre-contrôle (audit deep shinto crosscheck) ont l'un et l'autre confirmé 0 manquant.
- Sous-éléments (clairement ancrés) : (i) Yaoyorozu no kami 八百万の神 (« les huit millions de kami ») est un sous-élément de P1 (kami-dans-la-nature) + P6 (matsuri / la Demeure de Roche) — une tournure quantitative et poétique pour la pluralité innombrable des kami, mise en acte structurellement par l'assemblée de la Demeure de Roche de P6 au Kojiki §XVI (« les huit cents myriades de Divinités s'assemblent en une assemblée divine ») et présupposée tout au long de l'énumération des kami de la nature en P1 ; promouvoir un décompte au rang de principe doctrinal reviendrait à mal classer une image poétique. (ii) Les lignées Ise et Izumo (le cycle d'Izumo, Kojiki §§XX–XXVII, face à la lignée Amaterasu-Yamato) sont un sous-élément de la note de sélection du canon dans le guide méthodologique, et structurellement de P1 (pluralité des kami selon les lieux) — preuve, par la composition même du canon, que le « shintō » est fait de plusieurs traditions de sanctuaires, ce que reflète structurellement le constat de réseau lâche et décentralisé de structural analysis. (iii) Les constituants de la triade Kami / Makoto / Kegare-Harae (le regroupement pédagogique de Picken) sont chacun autonomes — kami ancre P1, makoto est P7, kegare/harae est P3/P4 ; seule la prétention à en faire un système groupé est reportée en catégorie 3. (iv) Les constituants des « Quatre Vertus shintō » (synthèse didactique de Picken) : makoto est P7 ; kannagara 惟神 est mis en acte par P1+P6 ; wa 和 est mis en acte par P6 (le matsuri qui restaure l'harmonie) et par le P8 diffus ; kokoro 心 relève en partie de P7 (akaki kokoro 明き心) et en partie du registre affectif de la boussole entière ; seule la constitution des quatre en un ensemble synthétique est reportée en catégorie 3.
- Reports (explicites, avec catégorie) : (a) Tenson Kōrin 天孫降臨 (la descente du petit-fils céleste) — reporté en catégorie 2 (hors du foyer textuel) : les §§XXXIII–XXXIV du Kojiki sont explicitement hors du périmètre d'extraction par texte (Préface + §§I–XVIII, selon
books/00-index.md) ; la descente de Ninigi appartient au cycle impérial et dynastique. D'après Hardacre 2017 et Breen-Teeuwen 2010, le Tenson Kōrin est un modèle narratif, non un schéma éthique, et il est politiquement porteur d'une manière que la période du shintō d'État (1868–1945) a amplifiée — à signaler comme amplification politique de typeLATER-READING. Aucun travail futur n'est justifié pour l'instant. (b) La triade Kami / Makoto / Kegare-Harae comme système groupé — reportée en catégorie 3 (non essentielle selon l'érudition) : d'après Picken, Essentials of Shinto (Greenwood, 1994), la triade est une distillation savante occidentale, et non quelque chose qu'un prêtre shintō pré-moderne aurait récité ; ses constituants sont chacun présents dans les N=8, le regroupement est rétrospectif. (c) La distinction ujigami / kami-ancêtre — reportée en catégorie 3 (non essentielle selon l'érudition), avec candidature aux travaux futurs : d'après Hardacre 2017, le contraste entre l'ujigami (kami tutélaire du clan) et le kami-ancêtre domestique relève largement d'une catégorisation ethnographique moderne ; central dans la pratique vécue, mais post-classique en tant que taxinomie explicite. Travaux futurs : une extension à la couche liturgique norito / Engishiki (déjà prévue dans la note de périmètre supplémentaire) l'affinerait. (d) Jingi 神祇 face à Jinja 神社 — reporté en catégorie 3 (non essentiel selon l'érudition — anachronique pour les textes classiques) : d'après Hardacre 2017, ch. 9–11, les termes sont anciens (Jingikan = le Conseil des Divinités de l'État classique ; jinja = les sanctuaires), mais la distinction taxinomique tranchée est moderne et appartient au Département des Divinités de l'ère Meiji et à la séparation shinbutsu-bunri (神仏分離, 1868) — l'importer reviendrait à relire la séparation institutionnelle postérieure à 1868 dans des textes du VIIIe siècle (l'erreur méthodologique classique selon Kuroda 1981). (e) Le « shintō d'État » face au shintō des sanctuaires — reporté en catégorie 3 (non essentiel selon l'érudition — construction entièrement post-classique) : une construction des XIXe–XXe siècles, imposée rétrospectivement ; le « shintō d'État » a été largement démantelé par la directive shintō du SCAP (15 décembre 1945). La mention prévient la confusion ; le distiller comme doctrine falsifierait la tradition. (f) Shinbutsu-shūgō 神仏習合 (le syncrétisme bouddhisme-shintō) — reporté en catégorie 3 (non essentiel selon l'érudition pour les textes classiques) : d'après Kuroda 1981 et Breen-Teeuwen 2010, pendant environ mille ans (grosso modo de Nara à Edo), le shintō et le bouddhisme ont été institutionnellement fondus ; la doctrine du honji suijaku 本地垂迹 (les kami comme traces locales des bouddhas) était la grille interprétative dominante. Les textes-sources du corpus (Kojiki 712, Nihongi 720) précèdent l'articulation explicite du shinbutsu-shūgō comme doctrine (cristallisée à l'époque de Heian et de Kamakura) ; la distillation reste honnête envers ses sources en ne rétroprojetant pas le honji suijaku. Le cadrage est traité dans le désambiguïsateur en trois phases de la stratification historique, ci-dessus. (g) Les « Quatre Vertus shintō » (makoto / kannagara / wa / kokoro) en tant qu'ensemble synthétique — reportées en catégorie 3 (non essentielles selon l'érudition) : d'après Picken 1994, il s'agit d'une synthèse didactique du XXe siècle, façonnée pour présenter le shintō comme comparable aux listes de vertus des autres religions du monde ; ce n'est pas une taxinomie interne pré-moderne. Les quatre constituants sont chacun présents dans les N=8 (voir le point iv ci-dessus) ; seul l'ensemble des quatre est reporté. (h) Misogi / Harae comme « système de purification » systématique (ōharae / misogi-harae / imi, etc.) — reportés en catégorie 3 (non essentiels selon l'érudition), avec candidature aux travaux futurs : d'après Picken 1994 et Hardacre 2017, les pratiques sont anciennes et centralement ancrées en P3/P4 ; c'est la taxinomie systématique des types de harae — ōharae (grande purification), misogi-harae (purification individuelle), imi (abstention), exorcisme — qui est une classification liturgique et savante, non doctrinale. Travaux futurs : une extension à la couche liturgique norito / Engishiki (déjà prévue dans la note de périmètre supplémentaire) ferait apparaître l'ōharae no kotoba et la structure du harae comme élaboration pratique de P3/P4. (i) Les courants du shintō sectaire (Kyōha) — Tenrikyō, Konkōkyō, Kurozumikyō, etc. — reportés en catégorie 2 (hors du foyer textuel) : les 13 courants Kyōha sont des révélations du XIXe siècle (l'Ofudesaki de Nakayama Miki pour le Tenrikyō, Konkō Daijin pour le Konkōkyō), dotées de fondateurs, d'écritures et d'enseignements systématiques — une catégorie autre que celle des mytho-histoires classiques. Le canon retenu était le Kojiki et le Nihongi (l'Âge classique des Dieux) ; le shintō sectaire mériterait une distillation sur corpus parallèle, non une absorption ici. Voir Hardacre 2017, ch. 11. Travaux futurs : une distillation Kyōha parallèle si le périmètre de la boussole d'union s'élargit. (Ce report est signalé ici, à la clôture, comme point à nommer explicitement dans le dossier de relecture ; voir audit deep shinto §10, recommandation 3, ainsi que la note de clôture.) - Cohérence entre traditions : les joyaux faiblement distinctifs du shintō (kegare comme flétrissure et non comme culpabilité morale ; musubi comme cosmos enfanté et non fabriqué ; matsuri comme rite festif et joyeux plutôt que comme expiation ; makoto comme sincérité du cœur clair) demeurent les apports principaux de ce corpus à l'atlas — conservés pour le réattestation et pour la mise à jour de la boussole d'union, à titre de constats « même mot / référent différent » et « même forme / substance différente ». La divergence de forme structurelle (réseau lâche et décentralisé ; des nœuds qui sont des pratiques et non des affirmations) constitue elle-même un constat majeur de l'analyse structurelle pour l'atlas.